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En République Centrafricaine : une prise en charge globale pour les victimes de violences liées au genre

[2017 – 2019]

© Sebastien Duijndam

© Sebastien Duijndam

La Fondation soutient l’association des femmes juristes de Centrafrique et son action dans deux centres de santé de la capitale Bangui qui offrent, dans un lieu unique, une prise en charge globale et gratuite aux victimes de violences liées au genre. Des soins médicaux, un accompagnement psychosocial, et une assistance juridique y sont dispensés.

AUX COTÉS DE l’ASSOCIATION DES FEMMES JURISTES DE CENTRAFRIQUE (AFJC)

À Bangui, l’AFJC reçoit les victimes de violences liées au genre au sein de deux centres de santé. Femmes et enfants y bénéficient d’une prise en charge complète et gratuite. La Présidente de l’association, Me Lydie Mbelet Koundja, nous en dit plus sur cette démarche exemplaire, qui pourrait servir de modèle sur le terrain d’autres conflits.

Maître Lydie

A force de sensibilisation, les victimes de violences liées au genre sont de plus en plus nombreuses à fréquenter les centres de santé.

Quelle est la mission de l’AFJC ?
Depuis 1992, nous luttons pour la promotion et la protection des Droits de l’Homme en général, et des Droits de la Femme et de l’Enfant en particulier. Mais ces derniers temps la situation des femmes en RCA est devenue catastrophique, aussi avons-nous focalisé notre action sur les violences liées au genre.

Quand et comment est né le projet mené à Bangui ?
Ce projet est né en mars 2015, en partenariat avec Médecins du

Monde, puis a été renforcé en 2017 par l’appui de la Fondation des Amis de Médecins du Monde. Concrètement, des salles d’écoute ont été bâties au sein de deux centres de santé, afin que les victimes puissent y recevoir, en plus des soins et d’un soutien psychosocial, notre aide juridique en toute confiance et confidentialité. Nos agents juristes s’y occupent du référencement juridique, et une avocate assure le suivi judiciaire auprès des tribunaux.

Pouvez-vous quantifier votre action ?
En 2016, nous avons comptabilisé 110 dossiers de plainte, 100 conciliations réussies, et 5 arrestations. Depuis la mise en place du projet, les victimes affluent grâce à la sensibilisation de masse et de proximité qui a été effectuée. Les langues commencent à se délier, et nous sommes désormais bien identifiés : ce début d’année, nous avons déjà reçu plus de 200 femmes au sein de nos permanences juridiques.

Quel est votre objectif à long terme ?
Nous voudrions porter ce partenariat jusqu’aux victimes de l’arrière-pays, où sont présents les groupes armés et où les exactions continuent, comme à Kaga-Bandoro, Bria, Bangassou, ou Alindao… Mais je voudrais déjà remercier sincèrement la Fondation des Amis de Médecins du Monde, qui nous a aidés à élargir notre champ de vision. Je suis convaincue que notre partenariat va encore s’intensifier à l’avenir !

Le « Sexual Violence Research Initiative Forum »

En septembre 2017, Médecins du Monde a participé pour la première fois au « Sexual Violence Research Initiative forum » qui réunissait 450 chercheurs, militants et ONG venus du monde entier. Nous y avons présenté les premiers résultats de notre travail en République centrafricaine, démontrant l’importance de services intégrant la prise en charge médicale et le conseil juridique et administratif. Ce dernier est mis en œuvre par l’AFJC, soutenu par la Fondation des amis de Médecins du Monde.

Nous proposons dans 6 centres en RCA un Accès aux soins médicaux, conseil juridique et soutien psychosocial ©Christophe Da-Silva

© Christophe Da-Silva

HISTORIQUE

Mars 2013 : coup d’état et combats entre milices chrétiennes et musulmanes :

  • La violence liée au genre (VLG) sévit en République centrafricaine.
  • L’accès aux soins de santé est très difficile pour les victimes de ces violences.

Juillet 2013 : lancement du programme de Médecins du Monde en RCA. Appui à 6 centres de santé publiques, en termes de :

  • Soins de santé primaires
  • Soins de santé sexuelle et reproductive (SSR)
  • Services de lutte contre les VLG et formation à la prise en charge médicale du viol

De mai à novembre 2015 : phase pilote dans 2 centres de santé publiques.

  • Identification des victimes et formation médicale à la prise en charge du viol
  • Don de kits de prophylaxie post-exposition
  • Mise à disposition de salles de consultation adéquates et sécurisées
  • Conseil juridique au sein des centres de santé publiques;
  • Sensibilisation des agents de santé communautaires.

De décembre 2015 à mai 2017 : seconde phase, dans 6 centres de santé publique :

  • Formation de conseillers psychosociaux d’une ONG locale
  • Conseil individuel au sein des centres de santé publiques
  • Sensibilisation dans les centres de santé publiques et les communautés
  • Promotion en Santé mentale et soutien psychosocial communautaire

RÉSULTATS

Types de violences liées au genre

1 410 victimes de violences liées au genre ont eu accès à nos services.

Type de vlg• 32% sont des victimes de violences sexuelles, 28% de violences physiques et 20% de violences économiques.

• 20% des victimes sont des mineurs.

 

Bénéficiaires

De plus en plus de personnes accèdent à nos services. Un plus grand nombre de victimes de violences liées au genre consultant pour des soins médicaux consultent également pour un soutien juridique (2015: 22% – 2017: 66%).

Bénéficiaires

 

Viols

Peu de victimes accèdent à nos soins dans les 72h suivant les violences. Parmi les cas de viol pris en charge sous 72h, 76% concernent des enfants (moins de 18 ans).

Les hommes adultes ne représentent quant à eux que 11% des personnes que nous soignons.

Téléchargez le poster récapitulatif (en anglais)

Poster

TÉMOIGNAGE

L’histoire d’Estelle*, victimes de violences liées au genre

Estelle, survivante de VLG en Centrafrique, ©Christophe Da-Silva

Estelle, survivante de VLG en Centrafrique, © Christophe Da-Silva

« Lorsque les Sélékas ont pris Bangui, ils ont violemment frappé ma grand-mère et, quand j’ai voulu intervenir, ils m’ont frappée puis jetée au sol et violée. Je suis mère de trois enfants, le dernier est issu de ce viol.

Après ce qui m’est arrivé, mon mari m’a abandonnée avec mes enfants, disant à nos parents que je suis la femme des Sélékas et qu’il ne peut pas continuer à vivre dans une telle honte. Je n’avais pas le courage de me rendre à l’hôpital, j’avais peur que les gens se moquent de moi. Lorsque mon dernier fils est tombé malade, je me suis rendue au centre de santé de Gobongo. C’est là que j’ai vu une juriste en train de faire une sensibilisation sur les questions de viol et de violence conjugale.

Elle a dit que tout ce qui se dirait resterait entre elle et les patients. Elle a aussi souligné l’importance de la prise en charge médicale pour être en bonne santé. C’est ainsi que j’ai eu le courage, après la consultation de mon fils, d’aller la consulter. Personne ne pouvait me voir entrer dans son bureau, car il est bien caché à l’arrière du centre de santé.

J’ai été très bien accueillie par la juriste. Elle m’a laissé le temps de m’exprimer et m’a dit que si je voulais, je pouvais poursuivre les agresseurs. Elle m’a ensuite référée vers la sage-femme pour une prise en charge médicale. Cette dernière m’a ensuite orientée vers une conseillère psychosociale. J’ai beaucoup apprécié l’appui de tous ces services et, depuis, j’ai sensibilisé plusieurs femmes qui vivent la même situation pour les inciter à venir au centre de santé. »

* Le nom de le personne a été changé.

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soin primaires 

Programme de santé primaire à Bosasso en Somalie

[2016 – 2018]

Près de 100 000 personnes venant du centre de la Somalie, d’Ethiopie ou encore du Yémen ont trouvé refuge à Bossasso. L’association somalienne Integrated Services for Displaced Populations (ISDP) y gère ou soutient 8 centres de santé maternelle, une clinique mobile et 5 centres de santé primaire. Elle y mène un travail pour donner accès aux soins aux femmes et aux enfants.

En 2017, grâce au soutien de la Fondation, plus de 52 000 femmes enceintes ont pu bénéficier d’un suivi pendant leur grossesse. Près de 160 000 enfants ont été vaccinés notamment contre la polio, la tuberculose et la rougeole.

L’une des réussites d’ISDP est également la mobilisation des acteurs communautaires pour diffuser des messages de prévention et s’engager pour lutter contre les violences faites aux femmes. L’association souhaite poursuivre son travail de formation des personnels de santé, de mobilisation communautaire. Elle vise également l’ouverture 24h/24h des structures de santé.


MERE 

Améliorer l’accès au planning familial dans la bande de Gaza

[2018 – 2020]

© Olivier Papegnies

L’association Culture and Free Thought Association-Culture et Pensée Libre (CFTA)  a été créée en 1991 à Gaza, en Palestine, par 5 femmes mobilisées pour les droits des femmes et la formation de femmes leaders. Aujourd’hui CFTA gère 5 centres à destination des enfants, des jeunes, des femmes et des personnes en situation de handicap avec une approche basée sur les droits humains.

C’est une association indépendante, militante, travaillant sur des sujets sensibles et ayant toujours mis au cœur de son action la qualité de ses pratiques.

Le projet soutenu par la Fondation des Amis de Médecins du Monde fait suite à 3 années de travail mené par Médecins du Monde pour renforcer les capacités de CFTA à offrir des consultations de planning familial de qualité et à introduire des méthodes modernes de contraception. Actuellement, la bande de Gaza fait face à une pénurie de moyens de contraception et souffre du manque de mobilisation du ministère de la santé. Le projet vise donc à s’assurer de la disponibilité des moyens de contraception dans le centre pour femmes de CFTA et mener des actions de plaidoyer pour mobiliser les acteurs en vue d’obtenir des solutions plus pérennes.


Philippines2 

Accompagner les recycleurs de e-dechets aux Philippines

[2017 – 2019]

© Olivier Papegnies

© Lam Duc Hien

Manille aux Philippines. De nombreux recycleurs informels démantèlent les déchets électriques et électroniques. Les recycleurs ont commencé à s’organiser pour améliorer leurs conditions de travail et leur environnement de vie et ainsi réduire les risques pour leur santé et construire un avenir meilleur pour leur famille. La Fondation des Amis de Médecins du Monde accompagne les associations qui ont été créées pour qu’elles poursuivent leurs actions de prévention des risques, d’éducation et de promotion de leurs droits. Une consultante a été recrutée pour renforcer leurs capacités en gestion de projet et suivi financier.


Ouganda 

Formation de leaders LGBT en Ouganda

 [2017 – 2018]

© Olivier Papegnies

En Ouganda, la Fondation des Amis de Médecins du Monde a choisi d’apporter son soutien à des organisations communautaires LGBT, dans un contexte général de répression et de violences à leur égard. Ce partenariat permet à des leaders LGBT en Ouganda de recevoir une formation au leadership humanitaire et participe au développement des capacités d’agir des organisations communautaires, qui luttent pour les droits et l’accès aux soins de ces populations.

Ce programme de formation s’inscrit dans la continuité du travail que mène Médecins du Monde avec l’organisation locale Ougandaise MARPI (Most At Risk Populations Initiative) qui offre des services de soins VIH et de santé sexuelle reproductive à ces populations (homosexuels, travailleuses du sexe…) à Kampala, la capitale du pays, et ses environs depuis 2009. Malgré un contexte légal largement répressif, MARPI a su bâtir une relation de confiance avec le Ministère de la Santé et le Programme national de lutte contre le VIH/sida qui, tous deux, ont bien saisi les enjeux de santé publique autour de l’accès aux soins des personnes LGBT.

Le soutien de la Fondation contribuera à l’émergence et au développement des capacités d’action des organisations LGBT dans le pays.


Guatemala 

Aider les migrants rapatriés de force au Guatemala

[2017 – 2018]

© Olivier Papegnies

© Tomas Bravo – Reuters

La Fondation a choisi de venir en appui à l’Association des Retournés Guatémaltèques (ARG), au Guatemala, unique association communautaire active auprès des personnes rapatriées de force des Etats-Unis et du Mexique vers le Guatemala.

L’Association a été créée en 2013 par des personnes migrantes rapatriées de force et compte 15 bénévoles actifs. Au Guatemala, 700 à 800 personnes migrantes rapatriées de force des Etats-Unis et du Mexique arrivent chaque semaine à l’aéroport de la capitale. La majorité d’entre elles a quitté le Guatemala depuis de nombreuses années et n’a plus d’attache locale. L’association accueille, oriente et soutient ces personnes dès leur arrivée et leur offre des soins et un accompagnement global pour leur permettre de se réinstaller dans les meilleurs conditions possibles.

Le projet soutenu par la Fondation vise plus spécifiquement à l’amélioration de la capacité de prise en charge proposée par l’ARG par la création d’outils pratiques et le développement d’un guide de prise en charge médicale. Notre soutien leur permettra également de s’implanter dans d’autres localités comme Huehuetenango, Ayutla et San Marcos à la frontière mexicaine, de mener des actions de plaidoyer et de sensibilisation auprès des acteurs étatiques, de la société civile et du secteur privé.


© Jeoffrey Guillemard

© Jeoffrey Guillemard

AUX CÔTÉS DE L’ASSOCIATION DES RETOURNÉS GUATÉMALTÈQUES

Le président de l’ARG, Gustavo Adolfo Juárez Panamá, lui-même rapatrié des Etats-Unis, nous explique comment l’association intervient auprès des personnes retournées de force.

Quelle est la mission de l’Association des Retournés Guatémaltèques?

Nous sommes une organisation de la société civile composée d’hommes et de femmes, nous-mêmes rapatriés de force des Etats-Unis. Nous nous sommes rencontrés au Guatemala suite à un projet développé par l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) en 2013. L’objectif de l’association est de soutenir les personnes retournées de force au Guatemala. À cette fin, nous menons des activités de plaidoyer auprès des institutions gouvernementales pour améliorer l’accueil et la prise en charge globale des retournés, en particulier dans les domaines du travail et de la santé.

En 2016, suite aux activités de plaidoyer menées, un espace dédié a été obtenu dans le centre d’accueil à Guatemala City pour les rapatriés arrivant des États-Unis par avion, ce qui nous a permis en premier lieu d’apporter assistance aux personnes, mais également un soutien psychosocial et un accompagnement spécifique pour celles rapatriées sans famille au Guatemala, sans oublier un soutien financier pour le transport ou les appels téléphoniques vers les proches.

Dans quel contexte aujourd’hui agit l’ARG et que lui apporte l’appui de la Fondation des Amis de Médecins du Monde ?

Depuis 2001, la migration est devenue une question de sécurité nationale pour les États-Unis, à la suite des attaques terroristes. Dans ce contexte, la sécurité des frontières a été renforcée et il y a eu un durcissement des règles d’immigration qui viennent promouvoir la protection des frontières, le contre-terrorisme et le contrôle de l’immigration irrégulière. Aujourd’hui, les Etats-Unis expulsent de plus en plus de personnes en situation irrégulière.

En 2016, Ils ont ainsi expulsé et renvoyé par avion 32 020 personnes au Guatemala. La même année, l’ARG a pu offrir un soutien à près de 3 500 personnes. Face à l’augmentation attendue des rapatriés au Guatemala, l’ARG prévoit, grâce à l’appui de la Fondation des Amis de Médecins du Monde, de mener des actions de plaidoyer et d’augmenter son nombre de centres d’accueil, ce qui lui permettra de continuer à offrir un accompagnement aux personnes migrantes dans le centre ville de Guatemala City et d’étendre sa couverture à d’autres villes à la frontière mexicaine, permettant ainsi de venir en aide à plus de personnes spécifiquement rentrées du Mexique. Tout en poursuivant son travail de prise en charge psychosociale et d’accès aux droits des personnes rapatriées de force.


Brain 

Soulagement de la souffrance psychologique des enfants et des adolescents syriens réfugiés en Jordanie

[2016]

© Olivier Papegnies

© Olivier Papegnies

En 2016, la guerre en Syrie est entrée dans sa 6e année. Près de 1.3 millions d’hommes, de femmes et d’enfants réfugiés syriens vivent en Jordanie. Les réfugiés ont pour la plupart été exposés à des violences et à des chocs. Leurs conditions de vie sont précaires et il leur est très difficile de se projeter dans l’avenir ce qui génère de l’anxiété et d’autres troubles en santé mentale comme la dépression.

La Fondation a choisi de soutenir Bright Future, une association syro-jordanienne portant secours aux enfants en grande souffrance psychologique et à leurs familles.

Près de 850 consultations ont été menées par des psychologues et des psychiatres. 1 610 personnes ont été visitées à leur domicile.

Des sessions d’aide à la parentalité ont été suivies par 125 parents, essentiellement des mères. Ces sessions leur permettent de trouver les ressources nécessaires et adaptées à leur rôle de parents face aux signes de souffrance, détresse ou agressivité de leurs enfants.


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