La CSW70 : une victoire disputée

Du 9 au 19 mars, New York a accueilli la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW70), le plus grand forum annuel mondial sur l’égalité des sexes.

Pour la première fois depuis 1946, les conclusions ont été adoptées par vote : 37 voix pour, 1 contre, 6 abstentions. Un signal que la pression s’intensifie : les droits des femmes sont devenus un terrain de confrontation politique internationale de plus en plus explicite.

Les conclusions contiennent des avancées concrètes : reconnaissance des médiateurs de proximité et bénévoles juridiques dans les cadres légaux nationaux, nouveaux engagements sur la justice numérique et l’abrogation des lois discriminatoires, systèmes de justice centrés sur les survivantes en contexte de conflit, une disposition qui résonne directement avec nos partenaires en RDC et à Gaza.

Pashtana Durrani, fondatrice de LEARN Afghanistan, partenaire de la Fondation, était présente. Elle a porté la parole des femmes afghanes dans ce forum mondial, rappelant que l’Afghanistan représente l’un des cas les plus graves de violations de l’accès à la justice et de l’égalité juridique, et que l’éducation des filles, même clandestine, reste un acte de résistance fondamental.

Mais la négociation a ses angles morts. Sous la pression d’États conservateurs, le lien entre accès à la justice et droits sexuels et reproductifs a été effacé. L’autonomie corporelle n’y figure pas. La violence reproductive non plus.

En 2026, les femmes ne bénéficient que de 64 % des droits juridiques dont jouissent les hommes. Il faudrait 286 ans pour combler cet écart au rythme actuel. Comme l’a dit António Guterres : « Le progrès est fragile. Les droits peuvent reculer bien plus vite qu’ils n’ont été gagnés. »