Une remise en cause croissante des droits des femmes
La justice de genre connaît aujourd’hui un recul préoccupant à l’échelle mondiale. Dans de nombreux pays, les droits des femmes – notamment en matière de santé sexuelle et reproductive – sont fragilisés, contestés, voire remis en cause. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte global marqué par la montée de mouvements anti-droits, mieux structurés, mieux financés et de plus en plus visibles.
Leurs actions reposent sur :
- la diffusion de discours hostiles aux droits des femmes
- des campagnes de désinformation
- une influence croissante sur les décisions politiques
Face à ces dynamiques, les acquis obtenus au fil des décennies restent profondément vulnérables.
À Kinshasa, un appel à transformer le 8 mars en actions concrètes
Le 4 mars 2026, à Kinshasa, Anny T. Modi, directrice exécutive de l’association Afia Mama, a pris la parole à l’Université Catholique Omnia Omnibus. Son intervention a posé une question centrale :
« C’est avant tout une invitation à réfléchir collectivement à la société que nous voulons construire. »
À travers ce discours, elle appelle à dépasser la dimension symbolique du 8 mars pour en faire un levier d’actions concrètes :
- exiger des autorités le respect des engagements en matière d’égalité femmes-hommes
- garantir un accès effectif à la justice
- reconnaître le rôle des femmes dans les processus de paix
Un plaidoyer ancré dans les réalités locales, mais porteur d’un message universel.
Commission de la condition de la femme (CSW70) : un constat alarmant
Quelques jours plus tard, la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), organisée à New York du 9 au 19 mars 2026, a confirmé cette tendance. Dans son communiqué, Amnesty International souligne :
« Loin d’accepter la défaite, les femmes gardent la tête haute et redoublent d’efforts. »
Malgré les reculs observés, les mobilisations féministes se renforcent.
Organisations féministes : une résistance essentielle sur le terrain
Partout dans le monde, des organisations féministes locales poursuivent leur action. Souvent peu visibles et sous-financées, elles jouent pourtant un rôle déterminant dans :
- l’accès aux soins
- la défense des droits fondamentaux
- l’accompagnement des femmes les plus vulnérables
Leur force réside dans leur ancrage local : elles connaissent les réalités sociales, culturelles et politiques de leurs territoires.
C’est cette approche que soutient la Fondation Médecins du Monde : agir avec les organisations locales, et non à leur place, pour construire des changements durables .
Afia Mama : agir pour la santé et les droits des femmes en RDC
En République démocratique du Congo, l’association Afia Mama incarne cette dynamique.
Elle développe des actions concrètes pour :
- améliorer l’accès à la santé sexuelle et reproductive
- accompagner les femmes et les jeunes dans leurs parcours de soins
- porter un plaidoyer national pour un accès sûr et légal à l’avortement
Son action illustre une conviction forte : les transformations durables reposent sur des initiatives portées par les premières concernées.